Plus connu à titre de BHL, Bernard-Henry Lévy, intellectuel français et écrivain prolifique, s’implique toujours aux coeurs des débats qui ont rapport à l’islam et la laïcité dans l’espace publique française. Hier soir, je l’ai vu passer à la télévision sur l’émission, On n’est pas couché, où il défendait son nouveau livre, intitulé “Pièces d’identité.” J’avais, je continue d’avoir, beaucoup d’admiration pour cet homme, qui je considère un des plus grands partisans de la laïcité–une philosophie auquelle je tiens fortement.

Mais, en lisant sa dernière chronique, “Pourquoi je suis favorable à la loi burqa,” je suis un peu sceptique de ses idées, et si on était jamais semblable. Il y a quelques semaines, j’ai expliqué mon opposition au projet de loi proposé par une mission de l’assemblée nationale française qui vise à banir la burqa dans les espaces publiques. Mon argument a souligné que la burqa n’est qu’un vêtement, et que l’état démocratique ne pourrait jamais justifier contrôler la liberté d’expression, de porter un tissu qui n’empiète pas sur les droits des autres.

Par contre, BHL dispute: “On dit : « la burqa est un vêtement ; tout au plus, un déguisement ; on ne va pas légiférer sur les vêtements et les déguisements »… Erreur. La burqa n’est pas un vêtement, c’est un message. Et c’est un message qui dit l’assujettissement, l’asservissement, l’écrasement, la défaite, des femmes.” Je lui demande à répondre à cette question: que donne le gouvernement et les cours français le droit de déterminer qu’est-ce que c’est l’assujettissement? Il répondrait que “tous les anti-esclavagistes du monde nous donnent tous les arguments possibles contre la petite infamie supplémentaire qui consiste à faire des victimes les propres auteurs de leur malheur.” Ben, le contraire–que c’est la France, un ancien empire colonial, qui veut coloniser et asservir les corps des femmes mussulmanes–est autant possible, non?

De plus, il nous assure que “[l]e port de la burqa n’est pas une prescription coranique.” Merci Ayatollah Lévy de l’avoir confirmé pour nous, vos fidèles. L’état n’a pas l’autorité ni le mandat de se prononcer sur les prescriptions religieuses dans une société laïque.

En définitive, je reste un fan de votre mode et l'(h)air intellectuel.

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